• Biographie de Prevert Jacques Prévert est né le 4 février 1900, au 19 rue Louis-Philippe à Neuilly-sur-Seine, dans un milieu de petits bourgeois trop dévots, dont il ne cesse de moquer les obsessions et les convenances. L’aîné, Jean, a deux ans. Il se passionne dès son plus jeune âge pour la lecture et le spectacle.
    En 1906,naissance d’un troisième fils, Pierre. Son père André, qui travaillait dans une compagnie d’assurances, perd son emploi. La famille subit de graves difficultés financières pendant un an. La famille descend à Toulon avec l’espoir de changer de vie. Elle s’installe dans un hôtel qui donne place Armand-Vallée.

    Le 1er février 1907, retour à Paris, au 3e étage du 7 rue de Vaugirard (Jacques va à l’école pas très loin, au n°9), le grand-père paternel, Auguste Prévert, président de l’Office central des œuvres de bienfaisance de Paris, offrant un emploi à André. Jacques n’aime pas ce grand-père austère, catholique et royaliste. La famille migre ensuite 4 rue Férou.
    La rentrée 1908 voit Jacques intégrer l’école André-Hamon, 68 rue d’Assas, où il est élève jusqu’en 1914.
    En 1909, il commence de plus en plus à faire l’école buissonnière et il s’instruit dans la rue. Le regard de Jacques se teint de tristesse et ne le quittera jamais tout à fait, à la vision désolante du monde qui l’entoure.

    En 1910, il déménage à nouveau (le 5e étage du 5 rue de Tournon), et se fait de nouveaux amis dont Gavroche. Ils font les cents coups et se retrouvent même au commissariat de police. Ces errances ne l’empêchent pas de décrocher son certificat d’études , qui ne lui procure aucune satisfaction particulière. Sa joyeuse insouciance de ses premières années se brisa définitivement vers 10-11 ans, l’indifférence est devenue une forme de sagesse. Au rez-de-chaussée habitent les Dienne, dont Simone qui deviendra en 1925 la première Mme Jacques Prévert. Et la fille d’un ami des Dienne, Colette Jéramec, deviendra la femme de Roland Tual, surréaliste et un des meilleurs amis de Jacques.

    En 1911, il subit le baptême et le certificat d’études primaires.

    En 1912, les Prévert déménagent encore rue Saint-Sulpice, et enfin au 4e étage du 7 rue du Vieux-colombier où ils vivent entre 1912 et la mort de M. Prévert en 1936 et de Mme Prévert en 1946.
    A 15 ans, il abandonne les études et entreprend des petits boulots. Son frère Jean meurt, alors âgé de 17 ans, de la fièvre typhoïde. Jacques est embauché comme vendeur dans un bazar de la rue de Rennes cette même année, puis au Bon Marché en mars 1916. Les cafés de Montparnasse, non loin, l’accueillent après sa journée de travail. Il est remercié en août 1916 pour s’être intéressé de trop près à une collègue.
    Incorporé en 1920, il rejoint son régiment à Lunéville. Là, il forme un trio d’amis avec "Roro", un garçon boucher d’Orléans, et Yves Tanguy qui sera envoyé peu après en Tunisie. Prévert, quant à lui part pour Istanbul où il fait la connaissance de Marcel Duhamel.

    De retour à Paris en 1922, Jacques s’établi, en 1924, chez Marcel Duhamel, au 54, rue du Château, avec Simone et Yves Tanguy. Ce sera bientôt le point de rencontre du mouvement surréaliste auquel participent Desnos, Malkine, Aragon, Leiris, Artaud sans oublier le chef de fil André Breton.

    En 1925, Simone Dienne devient sa femme.

    En 1928, Prévert, Tanguy et Duhamel quittent la rue du Château. Breton prend très mal un canular de Duhamel et Prévert. A peine installé à l’hôtel Le Radio, rue Coustou, il compose ses premiers poèmes et scénarios (ces derniers pour Duhamel, qui se essaie de se lancer dans le cinéma). Ce n’est pas pour autant la fin de la dèche pour Simone et Jacques, hébergés un temps par Alberto Giacometti dans son atelier du 14 rue Hippolyte-Maindron. Il rédige avec son frère Pierre le scénario d’un reportage sur Paris : Souvenirs de Paris ou Paris - Express. Il fonde alors, la société de production Roebuck films. Hélas, le film n’est pas un succès.

    En 1930, c’est la rupture de douze membres du groupe surréaliste - dont Jacques Prévert - avec André Breton. Ils publient contre celui-ci Un cadavre. Le texte de Prévert est intitulé Mort d’un Monsieur : "Hélas, je ne reverrai plus l’illustre pallotin du monde occidental qui confondit le désespoir et le mal de foie, la Bible et les chants de Maldoror...". Il considère cependant, que le mouvement a joué un rôle déterminant dans toute la littérature qui a suivi.
    Simone et Jacques s’installent 39 rue Dauphine en 1931, puis villa Duthy en 1932.

    En 1932, une troupe est fondée avec Raymond Bussières, et on lui demande d’écrire des textes pour eux. Sa femme, Simone, le quitte.

    En 1933, le groupe de théâtre "Octobre" dont il fait parti, prend part à l’Olympiade du théâtre de Moscou obtenant un premier prix pour La Bataille de Fontenoy qui ne sera jamais remis...

    En 1934, il fait la connaissance d’un musicien démuni, venant de Budapest, Joseph Kosma. "Il met de la musique sur les points d’exclamation" écrit alors Prévert. Le poète, en villégiature à Belle-Ile-en-Mer, assiste impuissant à la mutinerie, et écrit La chasse à l’enfant.

    En 1935, la vie commune avec Simone Dienne prend fin. A la fin de l’automne, après avoir vécu à l’hôtel Acropole boulevard Saint-Germain près de la Rhumerie martiniquaise, il s’installe avec Jacqueline Laurent au 7e étage de l’hôtel Montana, 28 rue Saint-Benoit, collé au café de Flore.
    Depuis lontemps Prévert écrit, participant à des créations collectives, mais de plus en plus, souvent avec son frère Pierre, il produit les scénarios de quelques-uns des sommets poétiques du cinéma français : Le crime de Monsieur Lange (1935) pour Jean Renoir, Quai des brumes (1935), Drôle de drame (1937), Le jour se lève (1939), Les visiteurs du soir (1941), Les enfants du paradis (1944), Les portes de la nuit (1946), tous pour Marcel Carné. Enfin, La bergère et le ramoneur (1953) est repris par Paul Grimault pour donner naissance, en 1979, à un dessin animé absolument fantastique intitulé Le roi et l’oiseau. Ses textes suscitent l’image et ses dialogues sont époustouflants de naturel, de justesse et d’humour.

    En 1936, André Prévert meurt. Il voyage aux Baléares avec "son amour tout neuf" Jacqueline , une jeune comédienne.

    En 1938, il part rejoindre Jacqueline Laurent aux Etats-Unis.
    Rayé des contrôles de l’armée en 1939, en simulant des troubles mentaux, il quitte Paris l’année suivante en juin, et descend dans le Midi. Il vit à Saint-Paul-de-Vence et à Tourrettes-sur-Loup avec Claudy Carter. Kosma et Trauner travaillent avec lui dans la clandestinité à des films.

    En 1942, il rencontre René Bertelé à Nice.

    En 1943, il vit désormais avec Janine Loris (née Tricotet).
    La deuxième guerre mondiale finie, Prévert revient à Paris. Ses poèmes sont sur toutes les lèvres ou dans le pli d’un collage, avec un parfum de bonheur nostalgique et de liberté retrouvée. Prévert restera toute sa vie d’un antimilitarisme à toute épreuve et son pacifisme ne souffrira aucun compromis.
    Jacques Prévert écrit aussi de fabuleux poèmes en prose qu’il donne à son ami Kosma qui les met en musique pour Agnès Capri, Marianne Oswald, Juliette Gréco, les "Frères Jacques" ou encore Yves Montand pour ne citer que les plus célèbres.

    En 1945, il publie Contes pour enfants pas sages. Suzanne Prévert meurt.
    Les Paroles de Prévert seront réunies pour la première fois en décembre 1945 par René Bertelé et publié en mai 1946. Bien que certains libraires avaient prophétisés que "ça intéressent que quelques jeunes gens de Saint-Germain-des-Prés", l’ouvrage est accueilli comme une immense bouffée d’oxygène dans le climat littéraire d’après la libération et est réédité à 5000 exemplaires dans la semaine suivant le jour de sa publication. Michèle, fille de Jacques Prévert et de Janine, voit le jour.

    En 1948, il chute d’une porte-fenêtre dans les locaux de la radiodiffusion française et reste plusieurs jours dans le coma. Il s’installe quelques années à Saint-Paul-de-Vence avec sa femme et sa fille.

    En 1949, il publie le scénario des Amants de Vérone.

    En 1950, Des bêtes... paraît avec des photographies d’Ylla.

    En 1951, Publications de Spectacle, de Grand Bal du printemps (avec des photographies d’Izis).

    En 1952, il sS’installe de nouveau à Paris. Il voyage à Londres avec Izis pour la conception de Charmes de Londres. Il publie Lettre des îles Baladar (illustrations d’André François), et Guignol (illustrations d’Elsa Henriquez).

    En 1953, il publie L’Opéra de la lune (avec des dessins de Jacqueline Duhême) et devient Satrape du collège de Pataphysique.

    En 1955, il publie La Pluie et le Beau Temps et emménage à Montmartre. Parallèlement il travaille à l’adaptation du roman de Victor Hugo, Notre Dame de Paris.

    En 1956, il publie Joan Miró.

    En 1957, il expose soixante collages à la galerie Maeght à Paris.

    En 1959, il publie Portraits de Picasso avec des photographies d’André Villers.

    En 1961, il fait paraitre Couleurs de Paris avec des photographies de Peter Cornelius et réalise Mon frère Jacques.

    En 1963, il publie Histoires et D’autres Histoires. Il expose cent douze collages à Antibes, au château Grimaldi, puis à Paris, galerie Knœdler.

    En 1965, parution du Cirque d’Izis avec des photographies d’Izis et des lithographies de Chagall.

    En 1966, il publie Fatras, accompagné de collages.

    En 1967, il publie Arbres, avec des gravures de Ribemont-Dessaignes.

    En 1968, il manifeste sa sympathie au mouvement de mai par plusieurs textes.Il publie Varengeville, avec des reproductions de Braque.

    En 1969, un journaliste, André Pozner, s’entretient avec Prévert et publie, trois ans plus tard. le résultat de leur rencontre dans un livre nommé Hebdromadaires.

    En 1970, il publie Imaginaires, avec des reproductions de collages.

    En 1971, il acquiert une maison en Normandie, à Omonville-la-Petite, au bout du cap de La Hague. Il publie Fêtes avec des eaux-fortes de Calder.

    En 1972, parution de Choses.

    En 1973, il publie Eaux-fortes. René Bertelé meurt.

    En 1974, il devient grand-père d’une petite Eugénie, fille de Michèle et de Hugues Bachelot.

    En 1975, il publie Jour des temps, avec des gravures de Max Papart.
    Jacques Prévert s’éteindra auprès de sa femme Janine le 11 avril 1977 à Omonville la Petite, d’un cancer.


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