• Stigmates

    Stigmates


    Les stigmates sont les traces des plaies qui furent infligées à Jésus-Christ au cours de sa crucifixion, selon le Nouveau Testament.

    Définition

    Dans l'acception religieuse, stigmates est toujours un nom masculin pluriel, à la différence des significations médicale (plaie, cicatrice), judiciaire (marque d'infamie), militaire (marque faite sur les recrues dans l'Empire romain), botanique et autres .

    À l'imitation de Jésus, diverses personnes ont présenté, dans l'histoire du christianisme, des marques semblables à celles du Christ sur diverses parties de leur corps :

    * sur les mains ou les poignets, rappelant les plaies causées par les clous,
    * sur les pieds ou les chevilles, rappelant les plaies causées par les clous,
    * sur la tête, rappelant les plaies causées par la couronne d'épines,
    * sur le dos, rappelant les coups de fouet,
    * sur le flanc, rappelant la plaie causée par une lance.

    Les personnes présentant ces marques sont appelées « stigmatisé(e)s ».

    Histoire

    Le plus célèbre des stigmatisés est François d'Assise qu'on représente, séjournant sur le mont Alverne (La Verna ?) en 1224, voyant un séraphin à six ailes flottant dans les airs dont le corps était fixé à une croix, comme celui du Christ. Toujours dans l'iconographie franciscaine une fois la vision disparue, François d'Assise aurait constaté l'apparition sur son propre corps de marques semblables à celles qui furent faites à Jésus, marques qui demeurèrent indélébiles (mais qu'il n'a jamais révélées de son vivant). Son corps fut ainsi porteur de deux stigmates qui, selon les versions, n'auraient été découverts qu'après sa mort.

     

    L'Église catholique a reconnu un certain nombre de stigmatisés, et les a béatifiés ou canonisés : par exemple, sainte Catherine de Sienne, saint Jean de Dieu, sainte Marie de l'Incarnation, la bienheureuse Anna Katharina Emmerick, célèbre par ses visions, saint Padre Pio (1918-1968), sainte Gemma Galgani (1878-1903) qui fut canonisée en 1940.

    Saint Padre Pio (Italie, 1887-1968) stigmatisé. Photo officielle.

     

    On peut citer d'autres personnes, non reconnues par l'Église : Thérèse Neumann, Marthe Robin, pour lesquelles une demande de béatification a été déposée auprès du Vatican depuis plusieurs années, ou encore Marie Nazzour, et, en 2007, le frère Elie du couvent de Calvi dell'Umbria, à 50 km de Rome, qui recevrait les signes de la Passion tous les ans pendant le Carême.

    Interprétations

    Ces manifestations ont été différemment interprétées. L'Église catholique ne reconnaît que certains cas. Et certains experts ont émis l'hypothèse qu'il s'agissait de manifestations hystériques.

    Analysant le livre de Jean-Pierre Albert, Le sang et le Ciel. Les saintes mystiques dans le monde chrétien, Claudine Leduc écrit : « Et Jean-Pierre Albert d'émettre l'hypothèse que la sainte, à cause de l'impureté du sang menstruel qui s'écoule du corps des femmes, est dans l'obligation de reconquérir sans cesse sa sainteté en faisant s'échapper de son corps un sang sublimé. » [2]. Des féministes ont même écrit : « Un médecin, J. Lhermitte, a établi que la plupart des femmes (saintes ou non) ne sont stigmatisées qu'entre 15 et 50 ans, période pendant laquelle la femme a ses règles. Les stigmates sont eux aussi soumis à des rythmes cycliques : « Natuzza Evolo (née en 1924) les voyait apparaître chaque année pendant le Carême, Gertrude d'Oosten (1358), chaque jour aux heures canoniales [mais] la formule la plus habituelle est qu'ils saignent le vendredi avec plus d'abondance, ou exclusivement ce jour-là, et sont à peine visibles le reste du temps ». Si l'on ajoute que les hagiographes précisent souvent que le sang des stigmates est parfumé et que les saintes n'ont plus leurs règles [4], on est conduit à penser que la stigmatisation est une conversion du sang menstruel : à un sang impur, doté, dit-on, d'une odeur forte et délétère, se substitue un sang dont le parfum signale la pureté. La sainteté féminine apparaît ainsi comme un des révélateurs privilégiés de l'imaginaire de la femme dans le christianisme. Être de désir, être charnel, la femme doit, pour accéder à la sainteté, nier sa féminité : renoncer à tout ce qui pourrait la rendre séduisante et refuser la maternité.

    Padre Pio

    Né de Orazio Forgione, agriculteur, et de Giuseppa Da Nunzio, il est baptisé le lendemain à l'église Santa Maria degli Angeli (Sainte-Marie-des-Anges) de Pietrelcina, où il mènerait une jeunesse pieuse, durant laquelle il aurait eu des visions mystiques ; dès cinq ans, Jésus-Christ lui serait également apparu. À quinze ans, il a ses premières extases. Il rejoint l'Ordre des frères mineurs capucins le 22 janvier 1903 à Morcone. En raison de sa santé fragile, il retourne dans sa famille, puis est envoyé dans divers couvents.

     

    Il est ordonné prêtre à la cathédrale de Bénévent le 10 août 1910. Nommé prêtre à Santa Maria degli Angeli de Pietrelcina , il est à partir du 4 septembre 1916, au couvent de San Giovanni Rotondo. Pendant la Première Guerre mondiale, il sert dans le corps médical italien (1917–1918).

    Dés 1911, il signale à son confesseur, l'apparition depuis un an, de signes rouges et de douleurs vives aux mains et aux pieds.

    Le 5 août 1918 puis le 20 septembre 1918, il manifeste des symptômes qui seront appelés transverbération (transpercement spirituel du cœur avec saignement) et stigmates (plaies du Christ sanguinolentes aux mains, aux pieds et au thorax), qu'il cherche à cacher avec des mitaines. Certains témoins disent avoir pu voir au travers des trous de ses mains qui n'auraient donc pas été superficielles. D'après le témoignage du Padre Pio :

    « Je vis devant moi un personnage mystérieux dont les mains, les pieds, la poitrine, ruisselaient de sang. Je sentis mon coeur blessé par un dard de feu... Ce personnage disparut à ma vue et je m'aperçus que mes mains, mes pieds, ma poitrine étaient percés et ruisselaient de sang ! »

    Dès 1919, le Saint-Office s'occupe de son cas et mande le Dr L. Romanelli, de l'hôpital de Barletta, qui l'examine plusieurs fois en 1919 et 1920 :

    « La blessure du thorax montre clairement qu'elle n'est pas superficielle. Les mains et les pieds sont transpercés de part en part. »

    « Je ne peux trouver une formulation clinique qui m'autorise à classer ces plaies. »

    En 1919, un médecin athée, le Pr Bignami, fait poser des scellés sur les bandages, pour écarter l'hypothèse de l'utilisation volontaire d'acide sur les plaies En 1920 et 1925, le Dr Festa réexamine le Padre et conclut à :

    « ... des phénomènes, reliés harmonieusement entre eux, qui se soustraient au contrôle des recherches objectives et de la science. »

    De 1924 à 1928, trois visiteurs apostoliques viendront enquêter auprès de lui. Des médecins et des psychiatres l'examinent. Il est alors déclaré sain et sincère.

    Il est dès lors très critiqué, non du fait de son état, mais à cause des débordement des fidèles ; il est aussi remis en cause par sa hiérarchie qui voit dans sa popularité une menace et une dérive, et on l'oblige le 23 mai 1931 à cesser toutes activités publiques, en célébrant la messe dans la chapelle intérieure puis dans sa cellule, ce qui ne l'empêchait pas de faire preuve de phénomènes surnaturels, notamment par des fragrances insolites projetées à distance, en plus de l'odeur de sainteté qui l'accompagnait habituellement.

    Durant toute sa vie, il aurait subi presque quotidiennement les attaques physiques et morales de « Satan » dont les « cosaques »[6], comme il les nommait, seraient venu nuitamment le frapper, faisant tant de bruit dans le monastère que certains moines, terrifiés, auraient demandé leur mutation.

    Le Padre Pio est considéré par certaines personnes comme un des grands saints thaumaturges du XXe siècle, ayant accompli une multitude de miracles de guérison instantanée en présence de nombreux témoins. On lui prête également le don de bilocation (apparition simultanée en deux endroits) , en plus de phénomènes particuliers telle l'hyperthermie (température très élevée du corps, au delà de 48°) ou l'inédie (abstention prolongée de nourriture ou de boisson au delà de deux mois) ou la connaissance de langues qui lui étaient étrangères. La lévitation, bien qu'attestée par la rumeur, ne reçoit que le seul témoignage du Padre lui-même.

    Le 14 juillet 1933 le Saint-Office l'autorise à nouveau à célébrer des messes et à entendre des confessions.

    Le 9 janvier 1940, il ébauche les plans pour une Casa Sollievo della Sofferenza « Maison pour soulager la souffrance ». Le dispensaire ouvre en 1954, mais l'inauguration officielle n'a lieu que le 5 mai 1956. À la même époque, le Padre Pio fonde des Groupes de prière afin de guérir et soulager les âmes.

    Dès 1947, des mesures sont à nouveau prises à San Giovanni Rotondo suite à la visite du père général de l'ordre des Capucins, qui constate un certain désordre liturgique à cause de la piété excessive de certains fidèles.

    Le 30 juillet 1960 un nouveau visiteur apostolique vient constater les troubles et suite à sa visite, le Saint-Office entreprend de limiter les apparitions publiques du Padre Pio qui a acquis une renommée en tant qu'ouvrier de miracles, œuvrant jusqu'à 19 heures par jour au sein de son église. Vingt millions de personnes ont assisté à ses messes, et cinq millions s'y sont confessés. On lui prête des guérisons miraculeuses de paralysies, tuberculoses, fractures, broncho-pneumonies, méningites, cécité et autres cancers, etc. et dont il attribue toujours humblement l'action à Jésus ou Marie De plus, de nombreuses personnes déclarent s'être converties à la suite d'une rencontre avec lui. Ce n'est qu'à la demande expresse du pape Paul VI, qu'il est à nouveau pleinement autorisé à effectuer son office sans restriction, à partir du 30 janvier 1964.

    Le 7 juillet 1968, le Padre Pio est victime d'une attaque. Le 22 septembre 1968, il célèbre la messe solennelle du cinquantenaire de ses stigmates. Le soir même il reçoit l'extrême onction et s'éteint quelques heures plus tard, tôt le matin du 23 septembre 1968.

    Le corps de Padre Pio ne comportait aucune trace de stigmates ou de cicatrices lors de l'examen post-mortem. Ce qui est interprété par certains comme un ultime miracle.

    Selon Yves Chiron, « Lors des funérailles, alors que son cadavre reposait déjà dans la crypte, la foule de fervents réunis au dehors chanta des cantiques particulièrement aimés du Padre Pio. Soudain, on entendit des exclamations de joie : le Padre Pio apparaissait, souriant, le visage tourné vers la gauche, sur la vitre de ce qui avait été sa cellule ! On voyait nettement sa bure, jusqu’au ventre, et la cordelière, tels que je les avais vus. Aux cris de « Miraculo ! » de la foule, le père gardien du couvent dépêcha un moine sur les lieux. Et ce dernier revint avec l’information incroyable : le Padre apparaissait sur la vitre. Alors, pour donner une bonne leçon de réalisme à tous ceux qu’il pouvait considérer comme des exaltés, des fanatiques, il donna l’ordre d’ouvrir la fenêtre de la cellule du Padre et de tendre un drap blanc. Eh bien ! après un « Ah » de déception de la foule, retentirent soudain des « Oh ! Oh ! » joyeux et amusés : la « photo vivante » du Padre apparaissait à la fois sur toutes les vitres de cette façade du couvent de Sainte-Marie-des-Grâces. »


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