Les funérailles d'Elisabeth

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<div-container></div-container>Le 15 septembre, le train contenant le cerceuil arrivait, à onze heures du soir, en gare de Vienne. La nuit était tombée, on acceuillit la dépouille avec le faste relié au protocole de Charles Quint. Jusqu'à la Hofburg, les troupes impériales formaient une logne silencieuse, ininterrompue. La garde est composé de nobles hongrois et de hussards vêtus de bleu. De la même manière, neuf années auparavant, on avait ramené de Mayerling le corps du prince impérial.
La Hofburg : la cour et la chapelle sont tendues de noir, avec les armes de l'impératrice et cette inscrption en latin : Elisabetha Imperatrix Austriae Regina Hungariae.
Le 16 septembre, une grande foule défile devant le cerceuil de celle que l'on n'oubliera plus jamais - emportée malgré elle dans une mystérieuse éternité.
Marie-Valérie et Gisèle, en larmes, ne quittent pas leur père. Elles savent qu'il est allé, à l'aube, baiser le cerceuil trop lourd, trop clos, de son aimée. Marie-Valérie est en partie soulagée. Sa mère, elle le savait, ne supportait plus sa souffrance endeuillée. Elle se pensait une gène pour ceux qui l'aimaient. Le souvenir de Rodolphe, superposé à celui de son cousin Louis, de ses soeurs, dont Sophie brûlée vive, la torturait. Marie-Valérie savait que sa mère n'eut pas voulu d'une agonie trop longue, une vieillesse sans fin, et surtout survivre à François-Joseph. C'était, chez elle, une véritable terreur.
Peut être eût-elle remercié son assassin ?
Ses chères hongroises sont dans une désolation violente. Marie et Ida s'en veulent de n'avoir pas été présentes. Elles se lassent pas de se faire raconter chaque détail par Irma. Ce souvenir - leur chère reine - justifiera leur survie. Vivre pour conserver cette mémoire qui leur est sacrée... Leur culte, leur "sainte", leur reine à elles.
Des milliers de fleurs, de tous les pays - y compris d'Egypte, d'Orient, de Grèce, de Madère. Des fleurs qui arrivaient séchées, des fleurs à couvrir toutes la ville...
Et ce fut le 17 septembre, la déscente à la crypte des Capucins. Le rituel qui avait accompagné cent treize Habsbourg se passait ainsi, et se déroula de même pour Elisabeth, impératrice d'Autriche, reine de hongrie.
Le cortège fait halte devant la grille de l'église des Capucines. Le dialogue se met en place avec le grand maître de la Cour et le père abbé. Il en fut de même pour Rodolphe, le rituel sera identique, dix-neuf année plus tard, pour François-Joseph : la puissance des grands doit devenir poussière et encore poussière devant la volonté divine.
- Qui es-tu ? Qui demande à entrer ici ?
- Je suis Sa Majesté l'impératrice d'Autriche, reine de Hongrie.
- Je ne la connais pas. Qui demande à entrer ici ?
- Je suis l'impératrice Elisabeth, reine de Hongrie.
- Je ne la connais pas. Qui demande à entrer ici ?
A genoux, le maître de cérémonie dit ces mots :
- Je suis Elisabeth, une pauvre pécheresse, et j'implore la miséricorde de Dieu.
Derrière la grille, la voix du frère moine répond :
- Alors, tu peux entrer.
La porte est lourde. La déscente se fait à la lumière flottante des torches. François-Joseph est en larmes. On dépose le cerceuil d'Elisabeth auprès de celui de Rodolphe.
La Hongrie fut indignée de savoir que sur son tombeau ne figurait pas le titre "reine de Hongrie". On avait inscrit seulement "Elisabeth impératrice d'Autriche". Propablement pour ne pas exitéer la jalousie de la Bohème et des autres pays de l'Empire dont elle était aussi la souveraine.
La rumeur fut telle, l'attachement d'Elisabeth si connu pour la Hongrie, que la nuit même (volonté sans doute de l'empereur), on grava sur son tombeau, son titre en hongrois : Erzsebeth Kiràlyné.
Les hongrois ne l'oublieront jamais. Eljen Erzsebeth ! De nos jours, il y a toujours des fleurs blanches, fraîche, liées au drapeau hongrois au pied de son tombeau.
La tristesse de l'empereur

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<div-container></div-container>L'empereur n'avait pas prévu qu'il survivrai près de vingt année à Sissi. Il mourra en pleine guerre, le 21 novembre 1916. Il avait repris ses habitudes auprès de son amie Catherine Schratt. Il avait repris ses habitudes de travailler à l'aube.
L'Amie à veillie, grossi. Parfois, ils se disputent, ils se séparent. Il la prie d'être indulgente. Tout en lui est pétrifié. Il y a son armée.. Il travaille plus que jamais à un empire menacé de tous côtés et qui échoira à des neveux qui sont indifférents. Guillaume II a acheté l'Achilleion en 1908 et, à la place de la statue d'Achille mourant, il fit ériger sa propre statue, une hideur en bronze de plusieurs mètre de hauteur.
Il n'appartient plus à ce texte de tracer les évènement, souvent tragiques, des dix-neuf années qui restent à vivre à François-Joseph. L'empereur est devennu si vieux, une vieillesse concentrique, cernant sa chair, chacune de ses cellules. Le plus vieil empereur du monde. Le plus vieux souverain de son temps... Il y a le téléphone, désormais à la Hofburg, que lui importe ? Il demande à être réveillé à l'aube, on le rase, on l'habille. Le même habit, le même valet. Le même barbier, les mêmes gestes. A Ischl, il caresse chaque objet qui a appartenu à Sissi. Une statuette, un fer à cheval, une théière, une pipe en porcelaine, le paravent à photographies, ses rouleaux à musique, ses carnets minuscules, sa timbale, le montre qui marque un certain arrêt "cardiaque"... Peut être l'a-t-il oublié, figé en une image unique, indéfectible ? Peut être pense-t-il parfois qu'elle est à Schönbrunn. C'était si souvent ainsi. Est-elle à Madère, à Corfou ? Que fait-elle à Genève? N'était-elle pas plus tranquille à Caux ou à Evian ? Ses chères hongroises ont l'air d'oiseaux déplumés. Il veillit, il se tait. Le silence, de plus en plus, le silence... L'aube au balcon, à Ischl. La chaise longue ou elle se tenait près de lui. Il y a peu de différence entre sa présence et son absence. Une vapeur, une buée, un chagrin diffus, engourdis. Il aime bien ses filles, Gisèle et son bon sens, Marie-Valérie et sa tribus d'enfants. Que d'enfant ! Est-ce qu'il travaille pour eux ? Stéphanie au début, l'a bien aidé à assurer les mondanités pendant le deuil... Toujours le deuil. Que fait-elle en Hongris? Il veillit, en cercle concentriques, en cellulue concentrées. Sa vue à baissé, sa voix est fêlée. Il tousse souvent mais se tient toujours aussi droit. Il sommeille quelques heures sur son lit de camps.Il s'attriste quand un de ses officiers est marqué "décédé" dans son chère annuaire. La nuit du 20 novembre 1916. Pourquoi cette grande guerre? Il demande à son valet fidèle de la réveillé à trois heures. "J'ai un travail à terminer". Il est brulant de fièvre et mourra d'une grave bronchite, entouré de ses filles, le 21 novembre. On acceptera que Catherine Schratt dépose deux roses blanches sur sa dépouille en grand habit d'apparat de Feldmarschall - tunique blanche pantalon rouge à revers d'or. Il sera inhumé dans la plus grande pompe, neuf jours plus tard. A la droite de Sissi. Pour longtemps, pour toujours.
Dix neuf années sans elle, que c'est long... Chaque jour, dans son bureau il la retrouve. Il lève les yeux vers le portrait favori. Elle a les cheveux défaits jusqu'aux reins et une épaule si blanche. Elle sourit, elle lui sourit, de profil. Sa bouche, ses lèvres sont de petites fraises. Il la regarde.
Ou est passé la petite fille d'Ischl qui riait sur l'escarpolette? Encore en voyage? Elle rirait de le voir si vieux.